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Sart-lez-Spa

Le village de Sart-lez-Spa, incorporé dans la commune de Jalhay depuis  la restructuration de la territoriale en 1972, n’a pas perdu sa spécificité séculaire. La vallée tourmentée de la Hoëgne, belle en toutes saisons et site privilégié des promeneurs, reste son atout majeur. 

Sa place présente la même physionomie que celle que Leloup a léguée à la postérité, avec son église consacré à Saint-Lambert muni d’une tour massive où les villageois allaient se réfugier en cas de danger, son perron obtenu du Prince-Evêque de Liège en xxx, l’ancienne maison du curé devenue la Maison du tourisme, la maison Bronfort devenue la Maison de la culture, sa vieille maison médiévale connue sous le nom de maison Lespire où le Prince Charles de Belgique allait prendre en vélo sa chope quotidienne pendant les mois de son maquis à Sart (ce vélo se trouve en bonne place au Musée Prince Charles à xxx) , sa ferme toujours en activité, ses restaurants et ses anciennes demeures devenues secondes résidences, son Adolphe Delhaize où l’on trouve tout, sa fontaine et son crucifix.

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Le village par contre, devenant chaque jour un peu plus résidentiel dans les rues ceinturant la Place du Marché, a perdu beaucoup de ses activités productives, lesquelles étaient principalement laitières à partir du XIXe et minières avant, par l’exploitation artisanale des minerais de fer. Les anciennes fermes cèdent leurs terres à la construction de maisons et de résidences. Son moulin s’est ensablé. Les vestiges de l’exploitation du minerai de fer, dont un site a été quelque peu réhabilité en bord de Hoëgne, ne sont plus qu’un très lointain souvenir. Le vieux Delhaize de la place du Marché résiste encore, mais pour combien de temps face au jeune Delhaize et au Colruyt venus le concurrencer sans égard pour les services rendues, en l’espace de quelques années. En à peine un siècle, le tourisme est devenu l’activité principale du village, le bureau de tourisme de Jalhay installé sur sa place en faisant foi. Une dizaine de restaurants, sis dans les limites de l’ancien village, rivalisent d’ingéniosité culinaire pour appâter le chaland. Son ancien château non plus n’a pas survécu à l’outrage du temps et à l’instinct de destruction de l’homme, sauf sur le dessin de Leloup. Du parc, encore existant au temps de la ferme-château, il ne subsiste que les deux colonnes de l’entrée qui servent maintenant d’entrée monumentale à une maison datant du début du nouveau millénaire. 

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 La ferme-château, connue sous le nom de Château de Sart, anciennement aussi Ferme Blanche (du nom du fondateur et non pour sa couler) a été érigée dans les parages de ses ruines par la famille de Trooz de Troisfontaines en 1880. Des pierres en provenance du donjon auraient servi de fondation à la nouvelle construction. C’est dans la plus petite des deux tours de celle-ci, jusqu’en 2007 habitation de la famille Hansoulle qui exploitait la ferme, avant que les dépendances ne soient transformées en 15 appartements, qu’est établi le gîte d’Ishango, acquis par les propriétaires de la demeure principale depuis 2001, refaisant de la sorte l’unité des deux habitations, celle du gentleman-farmer, qui passait le plus clair de son temps à chasser, et celle de son régisseur. Ce que le village a perdu en charme désuet il l’a gagné en accessibilité, depuis qu’il est lové dans une courbe de la E42 avec une sortie à chaque bout (sorties 8 et 9), proximité de Francorchamps oblige. Pareille évolution ne peut être que bénéfique au tourisme, dira-t-on. Le fait est se confirme par exemple tous les quatre ans, quand les vieux métiers reprennent possession de la place, par l’arrivée massive de plusieurs dizaines de milliers de touristes, au point de bloquer la sorties d’autoroute. Assez étonnamment dans un sens ce sont les métiers pas tellement vieux qui attisent la nostalgie du touriste moderne. Beaucoup plus par exemple que les métiers liées à l’extraction artisanale du fer dans la vallée de la Hoëgne qui se fraye un chemin en contre-bas du village, à un jet de pierre de la place.

Beaucoup plus encore que les mille ans d’histoire plutôt tourmentée de ses terres situées aux marches des principautés de Liège et de Stavelot. Le nom du chemin qui sépare les deux territoires porte d’ailleurs le nom on ne peut plus pertinent de Vecquée. L’existence de Sart est attestée dès le XIe siècle (tiré du latin Sartus, signifiant terre défrichée – toponyme présent sous diverses formes et dans divers composés (les Essarts et Sart-Tilman à Liège par exemple) – comme lieu de grand défrichement et d’implantation d’une chapelle, partie intégrante du pays de Franchimont, dont les ruines du château sur les hauteursde Theux attestent d’un passé prestigieux. Le pays de Franchimont sera ensuite divisé en cinq bans (Theux, Spa, Verviers, Sart et Jalhay) .Le ban de Sart, le plus vaste avec celui de Jalhay, à qui le souverain épiscopal conféra en 1457 le droit d’ériger un perron, comme symbole de liberté et preuve d’allégeance, lequel se dresse toujours fièrement au milieu de la place du Marché. La population, s’adonnant traditionnellement à l’élevage et à l’agriculture, avec un courage à la mesure de son climat , connaîtra vers le XVe siècle un essor économique avec les forges qui se multiplient sur les berges de la Hoëgne. La guerre entre la Bourgogne et la principauté, avec son sanglant épisode dit des 600 Franchimontois (parmi lesquels on compta un grand nombre de Sartois) y mit un terme brutal en 1468 par destruction des sites de production.

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Ce ne furent pas les seules exactions dont les Sartois furent les victimes involontaires. Situées sur l’axe Hollande-Lorraine, ses terres furent régulièrement traversées par des troupes militaires qui mirent à mal les modestes ressources des paysans. La tour carrée qui flanque l’église fut érigée pour permettre aux villageois de se réfugier dans les étages par une échelle qui fut ensuite tirée à l’intérieur. Le ban de Sart vit ses forces vives abandonner les terres pour se mettre au service de l’industrie lainière à Verviers. C’est ainsi que la commune a pu réunir un grand nombre de terres à bas prix, accroissant, comme Jalhay, le domaine communal. A ces catastrophes d’origine politique, il faut ajouter les catastrophes d’origine naturelle. Les masures sartoises, pourtant décrites comme très coquettes, étant pour la plupart construites en bois et en torchis et recouverts de chaume, furent régulièrement la proie des flammes. Ceux que la peste avait épargnés au début du 17e siècle furent impuissants à combattre le feu qui ravagea l’église et ses 42 maisons blotties sous sa tour, pendant la triste nuit du 8 août 1615. Et fait aggravant, tous les registres de la paroisse disparurent dans les flammes. Il ne restera qu’une maison débout, laquelle l’est toujours aujourd’hui devant l’ancienne maison communale. Et le feu reviendra avec une implacable régularité dévorer le biens des bourgeois de Sart : 1640 (six maisons dont le presbytère), 1651(43 maisons), 1672 (6 maisons et une partie de l’église), 1688 (14 maisons), 1715 (8 maisons à Petit-Sart), 1825 (40 maisons, les écoles et la maison communale), 1870 (24 maisons.

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En 1792, sur décision du chapitre de la cathédrale, Sart fut même pendant deux ans une seigneurie indépendante, jusqu’en 1974 où la principauté de Liège et partant le marquisat de Franchimont passèrent, après la défaite de Fleurus, sous la coupe de la République française, fraîchement émoulue. La misère n’en fut pas pour autant soulagée. Il faudra attendre la loi de 1847, qui stimula la sylviculture des résineux pour voir se redresser l’économie du village. La chute du cours des céréales en 1880 eut ensuite pour effet que la population active transformera ses champs céréaliers en pâturages, renforçant à son tour le bien-être économique par une intensification du commerce du lait. Les deux guerres mondiales qui marqueront le XXe siècle apporteront un nouveau lot de malheurs, si bien que les fermiers se feront de plus en plus rares jusqu’à faire de Sart un village plus résidentiel que productif, avec un apport grandissant du tourisme de la nature.

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Sart-lez-Spa, bien qu’incorporé dans l’entité de Jalhay, lors du dernier remembrement de la territoriale, malgré la frontière qu’il partage avec la ville de Spa, a gardé son dynamisme ancestral. Son ancienne maison communale a conservé plusieurs fonctions, sa place du marché , en plus de son église à la tour fortifiée, comprend le bureau de tourisme, la salle des fêtes très courue Le Grange avec ses deux vastes salles, l’imposante maison de la culture et un peu en retrait la maison des jeunes. En plus, la communauté villageoise organise année après année le carnaval de la Laetare avec son cortège d’une quarantaine de chars fleuries sur le mode humoristique, qui croise le concurrent de Tiège dans une ambiance plutôt survoltée . Et par-dessus tout, le comité des fêtes réussit la louable performance d’organiser depuis des lustres la Fête des Vieux Métiers qui attire tous les quatre ans des dizaines de milliers d’amateurs.

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